16 juin 2019 – les 24 mois de Jovenel Moise pour électrifier Haïti arrivent à terme…

    Ce dimanche 16 juin fera exactement 24 mois depuis que le président Jovenel Moïse avait, aux Etats-Unis, devant la diaspora, fait une déclaration spéciale : « dans 24 mois, le courant électrique sera distribué sur tout le pays 24 heures sur 24 ».

    La promesse est spéciale pour un peuple qui crie à la simple vue de la lumière d’une ampoule tant l’électricité est rare et insuffisante en Haïti, spéciale pour des personnes qui voient le courant électrique disparaître alors qu’elles regardent leur programme de Télévision préféré, spéciale pour des apprenants qui lisent ou étudient la nuit avec la lumière faible des bougies. Et, oui, le peuple spécial que l’on est, attendait ce fameux « Courant 24 /24 ».  Sauf que, 16 juin 2019, nous y voilà, l’échéance est arrivée, 24 mois. Pourtant, pas de « courant 24/24 ».

    Pas de « courant24/24 » pour un peuple qui en a gravement besoin. Les haïtiens n’ont pas attendu les 24 mois pour se plaindre et qualifier le président de menteur. Si l’on regarde bien, le bien-fondé d’un tel projet est flagrant et quant aux moyens, cela ne devrait pas être une casse-tête, car Jovenel Moise les avait bien identifiés : gaz naturel, énergie solaire et éolienne, biomasse et hydroélectrique.

    Pour le financement du projet, un de ses conseillers avait parlé d’investissement de sources diverses et , une fois le projet établi, les bénéficiaires seraient obligés de payer pour ce « courant24/24 » qui a un coût expliquait-il.

    Moyens et financement clairement définis, qu’est-ce qui empêche donc à ce projet de devenir la nouvelle réalité haïtienne ? Le président était-il entrain de bluffer ? est –il de mauvaise foi ? ou peut-être a-t-il parlé trop vite ? Définir les moyens et les sources de financement est une chose, mais pouvoir les utiliser en est une autre.

    Jovenel Moise, lorsqu’il parle, a toujours cette assurance de tout avoir, de tout savoir, de tout prévoir et surtout de tout maîtriser. Pourtant paradoxalement, il n’arrive jamais à passer de la parole aux actes.

    En lui-même, il sait très bien que cette électrification dont il rêve nécessite beaucoup, et en Haïti, on a presque rien. Toutefois, des stratégies et des mesures intelligentes pourraient nous y conduire, progressivement en tout cas. Cela aurait pu prendre 10 ans ou plus, mais nous serions sûrs d’y arriver. Non, le magicien, l’ingénieur Jovenel lui peut tout faire en deux ans, seulement deux ans.

    Lorsqu’il parle, il est ferme, et donne l’impression d’être franc mais tout le monde le voit comme un bluffeur. Il faut se demander pour quelle raison nous aurait-il bluffé ? S’il a voulu nous nourrir de faux espoir pour nous calmer, il n’a pas réussi. Le peuple en a ras-le-bol de ses paroles à dormir debout selon des internautes qui deviennent des opposants de circonstance.

    S’il était sincère, il faudra qu’il apprenne à remuer la langue dans la bouche avant de parler, il aurait mieux fait de bien étudier la chose avec son équipe avant de lâcher ce délai de 24 mois selon certains observateurs. Un chef d’Etat ne parle pas émotionnellement, il risque de passer pour un menteur. En Haïti, ce peuple naïf n’a besoin de paroles que jusqu’au jour où il sera révolté et ne voudra plus écouter pensent d’autres.

    Ce jour est arrivé, le président fait semblant de vouloir tout dévoiler sur ce qu’il empêche de tenir ses promesses, mais il ne dévoile rien. Tantôt il parle d’un groupe, tantôt il parle d’un système sans jamais identifier qui que ce soit ou quoi que ce soit. 

    Peu importe ce groupe, peu importe qui peut bien constituer ce système qui bloque le projet, le fait demeure que ce dimanche 16 juin, le délai pour le « courant 24/24 » est arrivé et que le black-out fait la loi. Toutefois, s’agissant d’un magicien, il peut encore le faire dans un jour mais en attendant qu’il fasse son tour de magie, dans la rue, les haïtiens disent qu’il a menti et que ce « courant24/24 » en 24 mois est le plus célèbre de ses baratins.

    En moins de 24 mois, le peuple haïtien désespéré avait déjà jeté l’opprobre sur le président de la République qui va devoir définitivement retenir une chose : Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.

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