Et si une autre révolution haïtienne était en marche ?

    Les casses, les incendies et les échauffourées constatées lors des manifestations organisées ces derniers jours à Port-au-Prince, et dans d’autres villes de provinces témoignent de la situation délétère dans laquelle s’enlise le pays. La police nationale haïtienne responsable de la sécurité des vies et des biens des citoyens dans ces moments de crises fait les frais de certains individus en colère, qui pillent en toute impunité, maisons de commerces, édifices publics, etc.

    La situation est d’autant plus critique qu’elle fait craindre le pire au cas où les autorités étatiques décideraient de ne pas pas faire fi des exigences des protestataires, dont la démission du chef de l’État reste le point d’ogre.

    L’intensification des mouvements dans plusieurs endroits du pays est la preuve que la population n’entende pas relâcher la bataille pour aller se confiner chez elle sans avoir la conscience nette que ses cris ont été entendus.

    À l’entame du quinquennat du Président Jovenel Moïse, les premiers signes de détresses de la population ont été visiblement faibles pour attirer les regards des hommes du pouvoir. Il fallait attendre la fin de l’année 2016 et au courant de l’année 2017 pour se faire une idée du niveau de déception chez certains citoyens qui commençaient à tirer la sonnette d’alarme appelant les autorités à plus de responsabilités.

    À cette période, la question de départ du Président de la République n’était pas aussi partagée dans l’opinion publique. Cependant, la roue allait se tourner très rapidement. Les événements des 6,7 juillet de l’année 2018 symptomatiques du refus de la population d’accepter l’indifférence du Gouvernement par rapport à leur situation vont poussés d’autres personnes ( se sentant plus concernées par l’état de dégradation de la situation économique) à rejoindre le mouvement revendicatif, qui, depuis, ne cesse de se répandre comme une traînée de poudre à travers tout le pays.

    En effet, le gros du peuple, et les diverses personnalités politiques qui les accompagnent sur le béton restent ferment sur leurs positions autant que le Pouvoir, qui ne veut à aucun moment lâcher du lest. Très remontés contre l’équipe en place, des individus de toutes catégories sociales regroupés sous le label « l’Opposition pluriel » sont déterminés coûte que coûte à obtenir le renvoi de Jovenel Moïse de son poste présidentiel.

    Outre la démission du chef de l’État, la population réclame également la fin de ce « statut quo », quelle juge discriminatoire et injuste à leur égard.

    C’est pour cela dans le mouvement, elle consente à utiliser tous les moyens dont elle a à sa portée pour faire passer le message.

    C’est ainsi que lors des rassemblements de ces dernières semaines qui ont mobilisées des milliers de personnes, les manifestants ont dressé des barricades de pneus enflammés sur leurs passages; se servent des engins explosifs ( coktails molotovs) pour incendier; se défendent avec des jets de pierres qu’ils lancent sur les agents de l’ordre, qui eux répondent souvent par l’usage abusif de gaz lacrymogène pour disperser les foules, quant ce n’est pas l’emploi d’autres recours ( plus persuasifs) comme de balles en caoutchoucs ou de balles réelles.

    Qui pis est, l’opération « lòk peyi » devenue une nouvelle stratégie pour les protestaires dans le but d’accroître la pression sur le Président est considérée comme une arme à double tranchant.

    En effet, cette forme de lutte, cause plus de mal aux manifestants eux-mêmes et à leurs proches qu’aux membres du pouvoir, qu’ils combattent- du fait qu’elle contraint à l’arrêt total de l’activité économique et sociale du pays- et donc complique davantage la vie de la population déjà misérable.

    La violence est l’arme le souvent utilisée par les anti-systèmes pour exprimer leur ras-le-bol face à l’establishment, quand ce dernier ne veut pas entendre raison. Souvent destructeurs pour beaucoup, mais une tactique efficace et redoutable pour certains, elle invite la société en générale à la réflexion, et l’État et les élites en particuliers à prendre leurs responsabilités en planchant sur les problèmes de fonds auxquels font face la population.

    Dans le cas d’Haïti, les manifestations géantes qui s’organisent dans le pays est le résultat de la politique d’exclusion employée par l’État au détriment de la population. Les gens se défilent dans la rue justement pour dénoncer cet état de fait. Est-ce là un signal qui annonce une révolution générale en vue de redéfinir de nouvelles cartes? Aux autorités d’anticiper et de prendre les mesures qui s’imposent au bénéfice du peuple pour éviter le chaos.

    LAISSEZ UN COMMENTAIRE

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    Please enter your comment!
    Please enter your name here