Haiti – Désarmement : les bandits mènent la négociation


Dans le but d’informer la population sur les activités de la commission de désarmement mise en place par le président de la République Jovenel Moise dans l’objectif de freiner l’insécurité qui gangrène le pays, l’un des membres de la structure a donné une interview au journal Le Nouvelliste vendredi dernier. Au cour de cette entrevue, Jean Rebel Dorcénat a dévoilé l’attente des protagonistes pour concrétiser véritablement le processus de désarmement tant souhaité par la population haïtienne.

Selon ce qu’il a affirmé au journal, les bandits armés sont exigeants, ils réclament notamment, comme condition sine qua non de la pleine réussite du processus de désarmement, des politiques publiques visant à améliorer la vie dans les quartiers populaires. Par ailleurs, il en a profité pour alerter les responsables du manque de moyens disponibles pour faciliter le travail de la commission.


Depuis la fin de l’année de 2018, l’insécurité n’a pas cessé de retenir l’attention. Tantôt par des vidéos sur les réseaux sociaux qui montrent des scènes de carnage renvoyant à des films d’actions.

Tantôt par des présumés chefs de gang qui prennent la parole dans les émissions de radio ou défilant dans des manifestations. Et plus récemment par des attaques sur un commissariat de Police (dans l’Artibonite) au cours desquelles un policier a rendu l’âme, ou par un Ti Je, présumé chef criminel ayant descendu 5 personnes à Carrefour-Feuille.

Ou encore par la PNH qui, lors d’un affrontement, a descendu Tije et qui s’en est pris au gang de Arnel Joseph ,sans toutefois réussir le coup.

En ce début de semaine, L’insécurité est encore au premier rang, cette fois-ci avec les aveux – presque d’échec – de la commission pour le désarmement.

Jean-Robert Dorcénat, a avoué les nombreuses conditions posées par les bandits en vue du désarmement. Faut-il préciser que ces conditions sont à caractère social.  

À Cité Soleil, l’établissement d’un centre professionnel est capital s’il faut remettre les armes, selon les demandes de Ti Ougan. Au niveau de la Croix-des-Bouquets, Lanmò Sòljou sollicite la réinsertion sociale de ses 349 hommes sans risque de poursuite judiciaire, si lui et ses comparses doivent rendre les armes.

Bougòy de Martissant, Kris La de Fontamara et Odma de Savien dans l’Artibonite semblent être disposer à déposer les armes. Quant à Arnel Joseph, le chef de gang qui reste à l’heure actuelle le plus grand défi de la PNH, il réclame pour sa zone un magasin de produit agricole alors qu’il projette de se lancer en toute liberté dans une carrière agricole dans le département de l’Artibonite.

Toutefois, si la commission a pu faire état des conditions posées par les bandits, elle n’est pas à même de préciser les moyens et les structures dont elle dispose pour faire face à ses obligations.

Selon Jean Rebel Dorcénat, la commission fait des projections sur des promesses découlant des autorités. Par ailleurs, Le Premier ministre nommé Jean Michel Lapin, le Directeur général de la PNH Michel-Ange Gédéon, le chef du parquet de Port-au-Prince Me Paul Erronce Villard ont tous eu des discours qui laissent croire qu’ils ont le contrôle de la situation et que les bandits doivent à tout prix lâcher prise.

Mais… lorsqu’on sait que l’insécurité est politisée en Haiti et que ce sont les bandits qui font des exigences à L’Etat, il faut se croiser les doigts. Croiser les doigts pour que le processus de désarmement commence concrètement et qu’il réussisse.

En attendant, croisons surtout les doigts pour qu’il commence concrètement cette semaine comme l’a annoncé Jean Rebel Dorcénat , avec ce centre de formation au Bel-Air qui sera mis à la disposition de la commission par le ministère des affaires sociales.

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