Haiti – Les 3 coups de Gary Bodeau pour racheter la peau de Jovenel Moïse

    S’il y a un député qui a brillé par sa présence à la 50e législature haïtienne pendant les trois dernières années au sein de la chambre basse avec son leadership, il n’est autre que Gary Bodeau, l’élu de la commune de Delmas a su utiliser son narcissisme politique pour jouer le jeu de ses principaux partenaires politiques et économiques. Il en a tiré des profits.

    En commençant par son expérience au sein de l’APH(Alliance des Parlementaires Haïtiens) pour arriver à la tête du bureau de la chambre des députés avec deux mandats successifs, Gary Bodeau a toujours réalisé de grands coups politiques pour gérer et surtout renforcer ses intérêts sur l’échiquier de la politique haïtienne. Pour le faire, il a très souvent utilisé ses collègues de la majorité qui par leur amateurisme politique, sont obligés de s’astreindre à son leadership.

    En l’espace de 6 mois( de Mars à Septembre), l’élu du parti Bouclier a réalisé trois gros coups à la chambre basse en crachant à chaque fois sur le règlement intérieur pour échapper Jovenel Moïse au pire. On peut citer, la séance de renvoie de Jean Henry Céant, celle relative à la mise en accusation du président et la ratification de l’énoncé de politique générale de Fritz William Michel.

    Tout a commencé le 18 Mars dernier, lors de la séance de l’interpellation du premier ministre haïtien de l’époque Jean Henry Céant, qui avait été préalablement interpellé par un groupe de sénateurs sur l’affaire des sept mercenaires débarqués à un moment où le pays faisait face à de grandes turbulences politiques.

    Contre toute attente, le président Gary Bodeau avait mobilisé plus d’une centaine de députés pour réaliser une séance à l’issue de laquelle, 93 députés ont voté pour le licenciement du notaire et de son gouvernement. Une façon de permettre à Jovenel Moïse d’évacuer les pressions faisant croire que Jean Henry Céant, aurait voulu prendre son fauteuil au Palais national et le renverser à travers le financement des manifestations de rue.

    Le 22 Août dernier, cinq mois après avoir réalisé ce grand coup de slalom qualifié de mortel par les sympathisants de Jean Henry Céant, Gary Bodeau allait pour une nouvelle fois, réaliser difficilement la séance de demande de mise en accusation des collègues de l’opposition soumise à la chambre basse au mois de février après l’affaire des mercenaires.

    Après deux échecs successifs où à chaque fois il a fallu mettre la séance en continuation, le président Bodeau arrivera finalement à jouer la carte de Jovenel Moïse. Il a réussi à organiser la séance. 53 députés ont voté pour rejeter la motion de demande de mise en accusation du président Moïse, ce qui a facilité le vote favorable au premier ministre nommé, Fritz William Michel ce mardi nonobstant les exigences des députés de l’opposition.

    Encore ce mardi soir pour le dernier coup en moins de deux semaines avant de quitter le parlement haïtien, tout le monde pensait que la séance n’allait pas se tenir en raison d’un acte de vandalisme de la salle de séance perpétré par quatre députés de l’opposition qui avaient exigé au bureau le respect de la loi dans le cadre de la procédure du dossier de demande de mise en accusation. Le président Gary comme à l’accoutumé, a attroupé toutes ses forces pour faire réaménager l’espace, ce qui a rendu possible la tenue de la séance consacrée à la présentation de l’énoncé de politique générale du premier ministre nommé, Fritz William Michel.

    En dépit des efforts de certains collègues députés de la minorité qui paraissaient impuissant face à la machine sans frein de Gary Bodeau pour essayer de faire échec au premier ministre nommé et de son cabinet ministériel lors de la lecture de l’ordre du jour, la séance a bien débuté à la chambre des députés. Durant tout le déroulement des débats, en tant que président du bureau de la chambre basse, Gary a affiché un comportement d’autorité qui a empêché que députés de l’opposition de faire échec à la ratification du premier ministre.

    Et finalement, l’assemblée des députés, à la majorité quasi-absolue des collègues présent(80) au moment du vote, a voté en faveur de l’énoncé de politique générale du premier ministre nommé, Fritz William Michel avec 76 votes aucun contre et 3 abstentions.

    En attendant l’étape du Sénat de la République qui serait plus difficile tenant compte de sa nouvelle configuration politique avec le virement du sénateur Joseph Lambert dans l’opposition, le Palais national doit une nouvelle fois remercier le député Gary Bodeau pour avoir permis aujourd’hui, au président Jovenel Moïse d’espérer de doter le pays d’un nouveau gouvernement légitime pour mener et mettre à execution son projet politique, si projet, il en est question.

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