Haïti : les gangs armés font la loi à Martissant et au Bicentenaire

Les différents gangs (village de Dieu, Gran Ravin, 2e Ave) de la troisième circonscription de Port-au-Prince ont pris d’assaut depuis vendredi 05 juillet 2019 l’ensemble des zones et quartiers qui s’y constituent et traumatisent les habitants. 

On assiste depuis près d’une semaine à Martissant et au Bicentenaire à une recrudescence des actes de banditisme. Entre maison mise à feu et personne tuée par ces gangs armés, c’est toute une population sous pression qui se trouve menacée.

Il était déjà 7 h du matin aux environs ce samedi 6 juillet quand le gang du village de Dieu a commencé les hostilités au Bicentenaire . A quelques mètres d’un sous-commissariat a éclaté un autre affrontement entre gangs armés, les policiers impuissants ne pouvaient intervenir. On pourrait croire qu’Haïti est au beau milieu d’une guerre. On entend à longueur des minutes toutes sortes de son d’armes automatiques.

Chaque zone est contrôlée par un gang. La bande à Arnel prend le contrôle du Bicentenaire et les zones avoisinantes (portail de Léogâne, théâtre, 1e, 2e, et 3e cité plus), celui de la 2e Ave Bolosse opère entre la 1ère et la 4è Ave Bolosse. Le gang de Gran Ravin dirige la 5e Ave, Martissant 1 jusqu’à Martissant 7. Tous s’affrontent. Le but, avoir le contrôle de plus de zone possible.

L’accès à la route qui conduit dans le département du sud du pays a été très difficile. Pas un seul moment ne passe sans qu’on n’entende chanter des rafales. Un habitant de la 5e Ave. Bolosse ne pouvait rien faire que de rester admirer sa maison qui parte en flamme. Le pire, il a fait appel au secours de la police qui lui a répondu que la situation leur dépassait et qu’elle ne pouvait rien faire. Au Bicentenaire, des dizaines de maisons sont brûlées et des cadavres sont enregistrés, sans connaître le nombre exact.

Cette situation non maitrisée par la police nationale inquiète ceux qui n’ont aucun autre endroit pour aller et se voit obliger de rester malgré eux, dans les tourmentes.

Certains n’ont pas d’autres alternatifs que de laisser leurs maisons en emportant l’essentiels. Un habitant de la cité de l’Eternel a donné ses impressions sur la situation . « Mwen gen 30 lane depi m rete Matisan, nan site Letènèl. Ladan l, mwen wè pitit mwen fèt, grandi epi aprann yon metye pou l kapab asire demen l. mwen poko janm viv yon sitiyasyon parèy. Sa pa gen fason m ta ka rele l, se tou senpleman pa posib ».

Plus loin, il a accusé le pouvoir en place comme étant le responsable de ces carnages à Martissant : « Pouvwa sa se sèl responsab sa k ap pase a. Yo ame yon ekip gang pou kouvri dèyè yo, epi pwoteje manda yo. Yo pa fè yon ide de sa moun ap sibi anba menas nèg ame ak gwo zam gè otomatik nan zon nan », dit-il pour conclure d’un air désespéré. A Martissant, tout le monde se ferme à l’intérieur de leur maison en priant Dieu de leur venir en aide, de leur protéger.

La situation est critique. Mais, la question à se poser c’est, qui est là pour remettre de l’ordre dans ce bazar ? Va t- on attendre un bain de sang pour comprendre qu’il faut intervenir et mettre un holà à tout cela ? Attendons les réponses de l’Etat.

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