Haiti – Jovenel Moise n’est plus maître de son avenir politique et citoyen

    Mobilisation d’un côté, concertation et négociation de l’autre, mais pas de question de dialoguer avec le président, l’opposition semble déterminée pour chambarder Jovenel Moise accusé d’être le représentant direct de ce système corrompu qu’il convient d’annihiler s’il faut espérer avoir, juridiquement, avec un procès juste et équitable, une réponse à la question de savoir ; Où est passé l’argent des fonds Petro Caribe.

    4 milliards 632 millions et plusieurs milliers de dollars américains, c’est la recherche de cet argent qui met en péril l’avenir du président Jovenel Moise qui, selon l’opposition politique – de gauche ou de droite – et une grande partie de la population, va devoir, dans pas trop longtemps, démissionner de son poste.

    PetroCaribe, c’est ce Goudougoudou politico-judiciaire méprisé, ignoré et sous-estimé par Jovenel Moise pendant les deux premières années de son mandat, qui l’asphyxie aujourd’hui.

    Arrogance ( le président a parlé, point barre ), ignorance ( Dosye petro Caribe sa a se mwen k ap jere l ), mépris ( Pétro Caribe est politique ) ; tout n’est pas permis lorsqu’on est président d’Haiti. Surtout à un moment où la population en a vraiment ras le bol de ce système nauséabond dont le président lui même est accusé d’être l’ambassadeur.

    Lorsque les fautes et les dérives persistent, il faut en payer le prix. Jovenel Moise mésestimait la situation. Il sous-estimait que ce peuple, naïf certes, pouvait être très en colère à l’occasion lorsqu’on le taquine. A lui de gérer la situation.

    Il n’y a pas que le peuple qui doit souffrir. Le président aussi peut voir son sommeil troublé s’il ne remplit pas convenablement les missions qui lui ont été confiées. Le peuple reste, en tout temps, le patron. Il faut le respecter. Il faut pas l’agacer.

    Jovenel Moise, celui qui s’autoproclamait hier comme le pionner de la lutte contre la corruption en Haiti est, paradoxalement, doublement victime de la situation que connait actuellement le pays.

    Le président en est victime car tout le monde, en tout cas, une grande majorité, réclame sa démission. Il est incompétent, incapable, impuissant, corrompu, il n’inspire pas confiance, il ne peut pas diriger le pays, et donc, il faut qu’il parte. L’autoproclamé artisan de la lutte contre la corruption reprouvé par ses propres mandants. Drôle de coïncidence.

    Si le président est en difficulté, Le citoyen Jovenel Moise l’est davantage. Il n’est pas exempté. Au contraire, c’est sur sa vulnérabilité, ses actes, ses imperfections, que l’opposition joue pour renverser le président. En effet, le citoyen, l’ingénieur, agronome Jovenel Moise épinglé dans le rapport de la Cour des comptes d’avoir été l’instigateur d’un vaste stratagème de détournement de fonds provenant de l’argent Petro Caribe, dispose, selon les manifestants et divers leaders de l’opposition, une place qui lui est déjà réservée dans les geôles du pénitencier national. On le voit, on vise le citoyen pour atteindre le président. Les deux se sont adjoints.

    Dans ce jeu politique, les stratèges de l’opposition visent la prison, pour, en réalité, avoir la démission.

    Emprisonnement ou démission, la route reste longue. Si la démission semble être la plus probable, les partisans de l’emprisonnement de l’ingénieur Jovenel Moise vont par ailleurs devoir attendre très longtemps pour voir leur rêve devient réalité.

    Attention toutefois aux cauchemars.

    Quoi qu’il en soit, Jovenel Moise, le président, l’ingénieur, l’agronome, n’est pas maître de son avenir qui est et qui restera très hypothétique jusqu’à ce que – volontairement ou de manière forcée – il décide de remettre les clés du pouvoir et du palais national. Ne contrôlant rien, ne maîtrisant rien, le président a tout perdu, même le contrôle de son avenir.

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