Haïti : un pays au bord du gouffre

    Les derniers rapports concernant l’état de l’économie haïtienne ces derniers mois ne sont guère réjouissants.

    Des Institutions telles que la Douane, et la DGI, responsables respectivement des rentrées douanières( export/ import) , des collectes de taxes et d’impôts dans le pays, ont beau essayer d’améliorer leurs services dans l’objectif de faire augmenter les recettes chacun de leurs côtés au profit de l’État, mais faute d’une mauvaise gestion de la chose publique, les ressources financières tirées de ces Institutions ne sont jamais utilisées pour booster l’économie. Ce qui dans cette condition rend plus difficile la possibilité pour la population d’avoir accès au bien-être, et à de meilleures conditions de vies.

    Les opportunités économiques en Haïti sont rares, car le système financier du pays ne permet pas à tous de pouvoir s’intégrer normalement. En effet, ce système financier n’est bénéfique que pour les actionnaires qui tirent d’énormes profits de leurs quelques investissements réalisés dans des domaines variées, dont très peu de ces gains empochés sont réinvestis dans le pays.

    En fait, pour répéter l’économiste Eddy Labossière, avec seulement 35% des dépôts bancaires le système ne finance pas le secteur réel de l’économie. Pour cet économiste de renom, aucun développement économique et social n’est possible sans un système financier solide.

    Dans un rapport de la BRH datant de cette année, l’organe régulateur du système bancaire haïtien fait état de la bonne santé des banques commerciales qui affichent un bénéfice net de 4, 2 milliard de gourde en avril 2019 contre 2, 6 milliard en 2018. Ce qui constitue en soit un paradoxe surprenant, dans la mesure où même avec cette performance financière des banques, la croissance économique du pays n’a progressé d’un pas, bien au contraire.

    La forte rentabilité des Institutions financières ne profite pas réellement à l’économie haïtienne en raison du fait que ces dernières très souvent s’accordent pour financer le secteur des commerces( plus économiques à leurs yeux), et qui souvent liés à l’importation, ce secteur n’est porteur qu’une faible valeur ajoutée; c’est à dire pas de progrès réel ni de débouchés économiques pour les personnes les pauvres dans le pays.

    Avec l’inflation qui atteint un sommet de plus de 18% , ajouté de l’augmentation du taux de chômage, et de la recrudescence de l’insécurité, le contexte n’est plus favorable à l’investissement. Néanmoins, même avec toute cette volonté, les quelques agents économiques, qui veulent apporter leurs contributions dans un sens ou dans un autre à l’économie du pays, ne pourront rien réaliser de concret, si cet État paria, incapable de prendre ses responsabilités, et qui favorise en son sein même la corruption à grande échelle, ne change pas de cap.

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