Jovenel Moise, comme Arnel Joseph, est un animal traqué

    Le président Jovenel Moïse est dans la même situation que le chef de Gang Arnel Joseph.

    Voici quelque semaines, comme un animal traqué poursuivi par la police, Arnel s’est réfugié dans un repère du côté de Marchand dans l’Artibonite, à ce jour n’a pas été rattrapé grâce probablement aux protecteurs qu’on lui donne pour avoir en haut lieu.

    Le président Jovenel Moïse est lui aussi entouré de tous ses gardes du corps, mais il n’en est pas moins devenu aussi un animal traqué comme, lorsque, au beau milieu de la rue, quelqu’un dit « Bare » sur le chemin d’un voleur.

    L’éditorial

    Jovenel Moïse est traqué par ce qui se révèle être de jour en jour toute une nation. Son repère c’est le Palais National. Mais, même s’il a toute la police nationale, tous les corps de sécurité publique et privée , formelle et informelle, tous les barbouzes nationaux et internationaux pour assurer sa protection physique, mais dans sa tête, il n’en est pas moins une bête traquée.

    Encore plus que Arnel, bien- sûr , un président n’est pas un simple voleur sur le passage duquel on crie « Bare », quand même !

    Arnel Joseph a vu jusqu’ici venir à son secours ses relations en haut lieu, ses correspondants téléphoniques bien connus tandis que Jovenel ne pose pas lui non plus le téléphone, appelant à son aide, ses relations en haut lieu, entendez ,bien-entendu, la communauté internationale, celle qui l’avait déjà tiré d’affaire en février dernier lors du fameux pays « Lock ».

    Lundi soir, c’est à celle-ci, qu’il devrait s’adresser, disait-on, par la voix des ondes, le blanc !  Le peuple haïtien, ah ! Le président n’a pas un regard, il n’en a cure. Jovenel est de la classe de nos présidents « bann machwè » d’autrefois dont l’un disait ,alors que la révolte était à sa porte, « se bri sapat ! ».

    Jovenel Moïse, un homme du passé, de toute évidence, lui-même d’ailleurs commence à s’en rendre compte qu’il n’y a aucun lien entre lui et ce pays, que le pays n’est pas une « Bitasyon » où le Papa Loa exerce sa loi comme l’être suprême.

    Souvenez-vous de son fameux « le président a parlé point barre » Mais notre bonhomme, depuis, a donné sa langue au chat ; ou il a perdu la parole ou la parole qu’il a perdu et entre- dit, jusqu’ à devenir pour le peuple le plus grand menteur de tous les temps.

    C’est le principal reproche qu’on lui fait dans les rues et tous les corridors du pays. Jovenel Moïse, davantage, depuis la grande manifestation du dimanche 9 juin, est une bête traquée, malgré tout le déluge de gaz lacrymogène que sa police fait en ce moment, encore 2 jours après, ce mardi 11 juin, pleuvoir sur les milliers de jeunes manifestants, autrefois, ce qu’on appelait le peuple souverain qui revient matin et soir lui traquer dans son dernier repère.

    En comparaison, Arnel coincé dans les bois autour de Marchand se trouve dans un palais, et c’est  Jovenel qui se défend haletant  comme une bête traquée.

    Pourquoi le président Jovenel Moïse ne laisse-t-il pas tomber ? Nous parions que c’est le complexe du grand don, tout comme le président est fier de ses origines campagnardes, et pourquoi pas ! Nous aussi !

    Mais justement le problème, c’est que ça ne marche pas de la même façon quand on est le patriarche réfugié sur ses terres et qu’on peut passer ses journées à fumer sa pipe, son cachimbo, en boudant contre tout le reste de l’humanité. Par contre, le chef de l’Etat n’a pas cette liberté. Non ! On ne peut pas tout avoir M.le président !

    On doit rencontrer les invités. On ne peut pas choisir de recevoir seulement les diplomates étrangers,  mais il faut  parler au peuple, celui qui nous fait ce que nous sommes, qui t’a fait roi !

    À moins d’oublier, d’avoir décidé d’oublier qu’on a été élu, a moins d’avoir décidé de régner en dictateur. Et nous y arrivons !

    Traqué dans sa tanière, le palais national, refusant de parler au peuple, entouré de ses seuls gorilles, ne pouvant supporter le regard de ses sujets, il ne reste à Jovenel Moïse qu’un seul choix : devenir un dictateur.

    Jovenel, as-tu du cœur ?  Car , dans le regard de chaque personne qu’il reçoit désormais, quel que humble que soit ce visiteur, il est condamné à voir la même chose : Petro Caribe Petro Caribe.

    Comme dans le poème de Hugo, l’œil était dans la tombe qui regardait Caïn, c’est ainsi qu’on devient un dictateur. En ne pouvant accepter d’entendre la vérité, en ne pouvant diriger les autres, qu’en les forçant à baisser les yeux, en ne pouvant  plus supporter d’entendre la vérité sur soi-même.

    La première étape est de perdre la parole, la seconde est de prendre un « KoKo Makak », et bien c’est la seule et la dernière option qui reste à notre cher président.

    Tous les dictateurs sont passés par ce même chemin,ah seulement, ne naît pas dictateur qui le veut, on ne naît pas Papa Doc, on le devient ! À tel point que Jean-Claude Duvalier a pris la fuite dès qu’il a compris qu’il ne lui restait plus que cette seule option, recommencer à remplir Fort-Dimanche.

    Evidemment, notre président peut encore prendre le parti, laisser tomber car pour l’instant, il ne semble pas avoir compris dans quoi il est entrain de s’engager.

    Editorial de Marc Aurèle Garcia dit Marcus Garcia

    LAISSEZ UN COMMENTAIRE

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    Please enter your comment!
    Please enter your name here