Jovenel Moïse : Pi rèd ke yon Ke Makak

    Chaque seconde qui passe, et qu’il est encore là, le cœur des Petro Challengers se serre, l’opposition politique traditionnelle se sent contrariée, le secteur privé, quant à lui, ne peut feindre sa patience jusqu’à cinq ans car l’instabilité aura des conséquences graves sur ses retombées économiques.

    L’on comprendra donc, que d’alliés , le président Jovenel n’en dispose plus. En tout cas pas dans le pays. Si l’on hurle, l’on casse les vitres, l’on met le feu, il n’est pas évident que l’on a réussi à ébranler « Nèg Bannann nan ». Lui, qui a déjà résisté à 6,7 juillet, 17 octobre, 18 novembre, 7 février et 9 juin. Les dates se multiplient pourtant le président Jovenel Moise reste comme – pour citer baby Doc – « Pi rèd ke yon ke Makak ».

    La haine envers le président provient d’origines diverses et a des causes multiples. Mais les causes qui nous intéressent sont celles qui relèvent d’un intérêt public et elles peuvent se résumer en deux mots : Mensonges et Petro Caribe.

    Mensonges parce qu’ils sont nombreux ceux qui se disent déçus par les promesses du président qui ne se réalisent point.

    PetroCaribe, parce que la juridiction administrative du pays, la CSCCA, a épinglé le premier des citoyens dans la dilapidation des 4.2 milliards de Petro Caribe. Mais à entendre le président hier, il n’y a pas lieu de perdurer dans toute cette haine car l’on court le risque de se faire fumer par un système qui essaie de lui faire passer pour un bourreau.

    Le système aurait donc mis face à face, Jovenel et le peuple haïtien. Le premier dit qu’il est une victime du système, alors que dans les rues, ce peuple se pose comme une victime, non beaucoup plus que ça , comme un vendu, un sacrifié.

    Voilà là un tableau qui prête à confusion. Mais si Jovenel s’est battu pour se dédouaner, on a comme l’impression, que tout ce qu’il peut dire n’est pas en mesure d’impacter les haïtiens. Et pour preuve après son tweet pour sympathiser à ce journaliste mort assassiné, un challenge « UNFOLLOW JOVENEL MOÏSE » a été mis sur pied.

    Après son discours hier, les petrochallengers qui avaient prévu de faire 7 tours du palais national n’ont pas changé d’avis, leur motivation a redoublé, ils veulent le départ anticipé du président Jovenel qui lui affirme qu’il ne laissera pas de sitôt le pays entre les mains des bandits. Il est là pour 5 ans.

    Peu importe son camp dans ce combat, l’on sera d’accord que plus longtemps qu’il durera, plus de mal il fera. Quelqu’un devrait céder mais tout le monde est acharné. Et jusqu’à présent, cela peut faire mal mais Jovenel résiste aux coups et malmène ceux qui aimeraient le voir démissioner.

    Lorsqu’un analyste politique avance l’argument que c’est la division entre ceux qui combattent le pouvoir qui maintient encore M.Moïse à la tête du pays, un autre riposte en faisant croire que c’est un manque de caractère, il faut apprendre à se retirer là où les autres ne veulent plus de nous a-t-il expliqué pour corroborer sa thèse.

    Apprendre à se retirer est, à cette heure inadmissible pour le président, qui – malgré les 7 tours de Palais annoncés, les tweets méchants qu’il reçoit, la légitimité qui semble s’échapper de ses mains – compte rester à la tete du pays jusqu’à la fin de son mandat. Têtu et bénéficiant l’appui de nos amis étrangers qui n’arrêtent jamais de rappeler qu’il a été élu pour un mandat de cinq ans, il veut aller jusqu’au bout.

    Un mandat de cinq ans, qui ne veut plus rien dire pour certains haïtiens, mais qui reste le seul argument politique majeur du président qui se tient : rèd pase yon ke makak.

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