La Communauté internationale a-t-elle peur du nationalisme grandissant chez les haïtiens ?

    Depuis près d’une année les voix s’élèvent en Haïti pour demander la démission d’un Président accusé de corruption, d’usurpation de titre et de dilapidation de fonds publics. De protestations en contestations, le mouvement à fait son chemin, jusqu’à à atteindre aujourd’hui sa phase de maturité, lorsque les haïtiens en plus de demander la tête du chef de l’État, réclament également la fin du « système » qui engendre la corruption, enfante la misère et encourage la discrimination dans le pays.

    En effet, les manifestants, et les lanceurs d’alertes haïtiens ont pratiquement utilisés tous les stratagèmes pour faire passer leurs revendications. À l’initiative de groupes de citoyens et d’intellectuels: des pétitions sont envoyés au Président pour l’appeler à démissionner; les réseaux-sociaux sont utilisés activement par les jeunes dans le but de conscientiser les dirigeants sur l’état du pays; des Groupes politiques et sociales ont organisés des sit-in devant les locaux des Institutions publiques pour faire augmenter la pression dans le cadre de la bataille contre la corruption; des manifestants ont dressés des barricades de pneus enflammés lors des manifestations, toujours dans les mêmes objectifs, sont entres autres, les démarches entreprises par pratiquement tout un peuple pour imposer sa volonté aux autorités. Sauf que la nouvelle du soulèvement de la population contre ses dirigeants n’a pas encore touchée tous les acteurs de la crise, malgré toute la publicité réalisée autour de la situation du pays, par le biais des Médias et des plate-formes numériques.

    De même que la réponse de la prière de Daniel avait été retenue par des mauvais anges, les résultats de la lutte de la population haïtienne pour le changement total dans le pays, sont bien peut-être refoulés quelques parts, à la demande- qui sait, de ceux-là qui possèdent de grands pouvoirs sur le Pays.

    En effet, plus qu’une phobie qu’une peur réelle, des secteurs dont une partie de la Bourgeoisie haïtienne et de la Communauté internationale, semblent ne pas trop presser à trouver une solution rapide à la crise haïtienne sans s’assurer des conséquences qu’elles pourraient engendrées sur leurs intérêts à l’avenir. Cette fausse peur, peut-être, explique leurs morgues, et leurs réticences face aux appels répétés de la population les appelants à décider du sort du Président.

    Pourtant pour ce qui est des actions posées dans le cadre d’un dénouement au problème récurrent du pays, il n’y a pas de reproches à leur faire. En effet, le Core Group a organisé des rencontres entre les acteurs impliqués dans la crise pour trouver un « modus operandi » en vue de sortir de l’impasse. Les Nations-Unies se sont positionnées à travers une note prise appelant à un dialogue franc entre les protagonistes, les États-Unis, La France, et toutes les autres ont donné leurs avis sur la situation, mais aucune part dans leurs notes de positionnements, la réalité haïtienne n’a été mentionnée.

    Les évènements qui ont eu lieu ces dernières semaines en Haïti sont symptomatiques de la crise profonde qui sévit dans le pays depuis belle lurette. À moins de se tromper de bonne foie, la situation actuelle du pays s’apparente à un éveil de conscience des haïtiens. Est-ce pour ça que que les pays qui se dits amis d’Haïti, n’en prenne pas compte?

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