Personne n’avait imaginé que Jovenel Moise avait ses doigts trempés à une telle profondeur dans la dilapidation, le vol du fonds Petro Caribe qui devait faire avancer le pays et sortir le peuple dans cette mouise exécrable dans laquelle il vit aujourd’hui et qui devient de plus en plus insupportable. Le voile est définitivement levé cet après midi.

C’est la Cour des comptes, dans son rapport définitif publié ce matin, qui met définitivement à nu le président de la République qui, par le biais de ses entreprises Agritans et Betex, avait mis en place un stratagème de détournement de fonds à grande échelle. Un comportement qualifié de scandaleux par les juges de la Cour qui réclament, d’une manière indirecte, à ce que la responsabilité pénale de Jovenel Moise soit engagée.

Les juges reprochent à Jovenel Moise d’avoir signé deux contrats avec le MTPTC, l’un par le biais de la firme BETEX pour un montant de 34 998 785,50 HTG, l’autre par le biais de AGRITANS pour un montant de 39 990 399 HTG, pour – et c’est là le problème, réaliser les mêmes travaux, en l’occurrence, la réhabilitation du tronçon Borgne – Anse a Foleur.

Jovenel Moise a donc signé en connaissance de cause deux contrats avec le MTPTC pour le même projet. Tout au plus, la Cour a constaté un autre détail surprenant car le contrat est signé au nom
du projet de réhabilitation du tronçon Borgne et Petit Bourg de Borgne alors que le devis associé à ce contrat est relatif à un autre projet à savoir le projet de réhabilitation du tronçon Anse à Foleur/ Côte de Fer qui est un projet à part, et qui a probablement été déjà exécuté par AGRITRANS.

En se fondant sur ces faits, la Cour affirme qu’il y a eu collusion, favoritisme et détournement de fonds. En effet, le fait de décaisser de
l’argent dédié à un projet avant la conclusion du marché et la signature du contrat et, de surcroît les utiliser à d’autres fins est anormal voire illégal. Il s’agit d’une irrégularité grave ayant causé des préjudices au projet et à la communauté.

Outre les sommes mentionnées ci-dessus, 5 000 000 HTG ont été transférés à l’entreprise AGRITRANS pour l’achat de carburant pour de supposés travaux relatifs à un autre projet. Pour la CSCCA, cette décision du MTPTC est encore illégale et grave. Il s’agit d’un acte de détournement de fonds publics.

Important de préciser que pour le contrat passé sur le nom d’AGRITRANS, alors que le montant du contrat s’élevait à 39 millions de gourdes, Jovenel Moise avait reçu sans aucun avenant la somme de 50 252 786 HTG. La cour, en faisant une comparaison avec le coût du contrat (39 990 399 HTG) permet de mettre en relief un dépassement de l’ordre de plus de 10 262 392 HTG.

Ce qui a choqué le plus les juges de la Cour des comptes, c’est que les deux contrats laissent entrevoir que pour le même projet, les
deux entreprises ont le même numéro d’immatriculation fiscale, le même numéro d’agrément et le même numéro de patente. De plus, elles partagent le même personnel technique et surtout ont
les mêmes réalisations au niveau de leurs expériences générales. Pire, cette analyse montre que les deux entreprises ont réalisé distinctement les mêmes ouvrages aux mêmes dates pour ce qui est de leurs expériences spécifiques.

Face à ces faits, la Cour se questionne sur les motivations de l’ancien ministre du MTPTC Jacques ROUSSEAU à entreprendre une
telle manœuvre. Dans tous les cas, pour la Cour, octroyer un deuxième contrat pour le même projet ajouté au fait que le devis lui correspond plutôt à un autre projet, n’est ni plus ni moins qu’un stratagème de détournement de fonds.

De telles irrégularités, selon la Cour, causent de graves préjudices
au peuple haïtien. Pire dans ses décisions, le MTPTC n’a pas pris en compte l’impact de celles-ci sur les générations futures qui auront à payer cette dette sur le long terme.

La cour conclut que : Détourner des fonds à d’autres fins a privé la communauté d’infrastructures de qualité, mais surtout a accru le fardeau de la dette du pays et c’est scandaleux.

Au total, c’est plus de 85 millions de gourdes qu’avaient bénéficié Jovenel Moise grâce à ses stratagèmes dans le cadre de ces deux contrats. Avec cette bombe de la Cour des comptes, le président semble retrouver une autre fois sa légitimité de ressasser que le pays n’a aujourd’hui que 5 problèmes. Corruption, corruption, corruption, corruption, corruption.

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