Rospide Petion assassiné : Et si se Rat Kay la ki ta manje Pay Kay la ?

Assassiné le lundi 10 juin dans la soirée alors qu’il venait d’animer son émission Ti Bat Bouch sur la Radio Sans Fin, les funérailles du journaliste Rospide Petion ont été chantées le 6 juillet dernier. Des amis proches, membres de sa famille, politiciens de tout bord sont venus lui rendre ce jour là un dernier hommage. Douz part définitivement pour l’éternité. La cérémonie a été organisée sur fond de beaucoup de tensions. Une perte énorme pour RSF.

Derrière cet assassinat, des questions, des points d’ombre. A qui profite le crime ? Qui est derrière l’exécution du journaliste ? Qui voulait s’en prendre à lui ? Le pouvoir, des ennemis ou… A quoi cela servait-il de voler le cadavre de l’animateur ? Quel intérêt ? Jalousie ou revanche ?…

Revenant de la Radio, Rospide Petion qui vivait en concubinage a été tué alors qu’il était en route pour rentrer à la maison. Il a été victime d’un guet-apens même si la direction de la police judiciaire ne le confirme pas encore. Quelques minutes avant sa mort, il échangeait des messages sur Whatsapp avec des amis, dans des groupes, jusqu’au moment où il reçoit un appel qui permettait aux auteurs et/ou complices de son assassinat de le localiser.

Il n’a pas eu le temps d’envoyer les derniers messages. L’appel téléphonique suivi de son assassinat a tout interrompu. L’auteur du crime ayant parfaitement maîtrisé l’art de faire a dérobé le téléphone ( Un iphone ) du journaliste pour ne pas laisser de traces. Il a par contre laissé son arme et son portefeuille qui contenait plusieurs centaines de dollars.

Arrivés sur les lieux, les officiers de police et le juge de paix ne faisaient que constater le meurtre. Après le constat, le corps sans vie du journaliste a été déposé dans une morgue privée de la Capitale. Deux jours après l’assassinat, le cadavre du journaliste a été volé, ou si le mot vol pose problème, a été déplacé secrètement avec la complicité d’un juge de paix, pour être déposé dans une autre morgue rendant ainsi obsolète les travaux de la police judiciaire qui perdait définitivement le contrôle de la situation.

La concubine du journaliste qui affirme avoir déplacé le cadavre s’est elle même félicitée d’avoir corrompu le juge, volé le corps du journaliste pour le déposer enfin dans une autre morgue dont elle a le contrôle afin d’éviter ce qu’elle appelle Trop de dilatoires. A sa demande, l’autopsie du corps, selon sa déclaration, a été réalisée par cette morgue. Ce, en dehors de toute procédure judiciaire.

J’ai Kidnappé le cadavre pour esquiver les détails s’est-elle réjouie croyant que son acte est exempté de tout problème car elle avait agi de concert avec un juge de paix qui ne peut être arrêté selon elle pour un acte relevant de ses fonctions. Elle a par ailleurs expliqué avoir été, après avoir dérobé le cadavre du journaliste, en contact avec le ministre de la justice et le DG de la police qui lui ont promis que : Nenpot sa k ta rive a, y ap jere sa.

Douz est mort, le jour de ses funérailles des dizaines de personnes avaient organisé une marche pacifique afin de réclamer justice. Une demande importante certes, mais toutes les preuves scientifiques ont été dissimulées si l’on croit la déclaration de cette femme qui se félicite d’avoir volé le corps du journaliste deux jours seulement après son assassinat.

Le téléphone de la victime subtilisé, son cadavre volé alors qu’aucun prélèvement scientifique n’a été fait, des preuves et indices anéantis définitivement faisant ainsi le lit des spéculations, une famille qui ne saura jamais ce qui s’était véritablement passé ; tout ça avec la complicité des instances et autorités de l’Etat.

Une autre enquête qui se poursuivra longtemps après. Peut être.

Les journalistes haïtiens quant à eux continueront à réclamer justice pour leur confrère et/ou collègue victime dans l’exercice de son métier. En attendant, osons espérer l’organisation sous peu d’une conférence de presse de la DCPJ pour faire le point sur l’avancement du dossier.

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